Les scientifiques toulousains ont identifié une hormone qui pourrait rétablir la masse musculaire des seniors. L’élixir de jouvence serait-il en nous ? C'est en tout cas ce qu'affirme une équipe de chercheurs de l'Inserm, de l'université Paul-Sabatier et du Gérontopôle du CHU de Toulouse, dans une étude publiée dans Nature Medicine*. Une hormone naturelle, l'apeline, pourrait régénérer les capacités musculaires des personnes âgées et leur permettre de rester en forme plus longtemps. L'étude a été menée sur des souris âgées, qui ont reçu une dose de cette hormone secrétée lorsque les muscles se contractent durant l'effort physique. Les scientifiques ont ensuite constaté que leur capacité musculaire s'était développée "significativement", et que leurs fibres musculaires s'étaient régénérées.

Les seniors concernés au premier plan

Si cette découverte peut ravir les grand sportifs et adeptes de la musculation, elle ne s'adresse pourtant pas à eux, mais aux seniors. En effet, ces derniers voient leurs muscles fondre au fil des années. Ce syndrome gériatrique naturel, appelé "sarcopénie" affecte alors leur facilité de déplacement et provoque une dépendance croissante. "Avec l'apeline le dopage n'est pas possible. Elle n'a pas d'efficacité sur les souris jeunes qui en produisent déjà naturellement et en rajouter n'améliore pas les performances", indique le professeur Philippe Valet, codirecteur de l’étude.

Une activité physique chaque jour

Dès 2019, des essais cliniques seront réalisés pour évaluer l'efficacité de l'apeline sur la sarcopénie. Les scientifiques travaillent d'ailleurs avec un laboratoire pharmaceutique pour permettre au produit, aujourd'hui sous forme d'injection, d'être administré plus facilement. "Dans les années à venir, l’apeline pourrait donc être utilisée à des fins thérapeutiques dans le domaine de la sarcopénie puisque les résultats de l’étude chez la souris montrent qu’un traitement par cette hormone permet d’améliorer significativement les facultés musculaires", ajoute Philippe Valet. En attendant, pour prévenir et limiter la fonte musculaire liée à la sarcopénie, les gériatres recommandent de pratiquer une activité physique régulière, en essayant d'atteindre le mieux possible l'objectif des 10 000 pas par jour.

*www.nature.com/articles/s41591-018-0131-6#Abs1

Le Programme national nutrition santé (troisième du nom), qui a accouché du fameux slogan « Cinq fruits et légumes frais par jour », devait être retravaillé en 2015. En 2018, on attend toujours. Mais pour le Pr Massimo Nespolo, grand promoteur d’une alimentation végétarienne, y compris pour les seniors, il est plus que temps d’en finir avec lui !

Le PNNS 3 diffuse les recommandations officielles en matière de nutrition visant à améliorer la santé de la population. Pourtant, quand on vous écoute, on a l’impression que c’est tout le contraire…

Pr Massimo Nespolo : Le PNNS est un plan bâti pour satisfaire les intérêts d’une certaine industrie agroalimentaire. La preuve : il recommande de consommer des protéines animales une à deux fois par jour et des produits laitiers deux fois par jour1 pour les adultes. Ce dernier chiffre peut grimper jusqu’à quatre pour les enfants et les personnes âgées ! Il passe, bien sûr, sous silence le fait que les produits animaux sont bourrés de graisses saturées et de cholestérol, qu’ils sont souvent riches en sel (charcuterie, fromages) et pauvres en magnésium et en potassium. Cerise sur le gâteau : il fait croire que ces produits sont meilleurs que les protéines végétales. Ce qui, selon moi, n’est pas le cas.

Quels problèmes posent les produits animaux selon vous ?

Pr M. N. : L’organisme humain possède une hormone baptisée IGF-1 (« facteur de croissance 1 »). C’est le facteur de croissance le plus puissant de l’organisme : il joue un rôle de levier dans la croissance des cellules. Abondant chez les enfants, sa production baisse avec les années parce que l’organisme en a moins besoin. Les animaux produisent aussi cette hormone. Chez la vache, la structure moléculaire de cette hormone est exactement la même que chez l’humain. Quand nous consommons un steak ou buvons du lait, nous ingérons cette IGF-1. Nous ajoutons donc à la production endogène (celle fabriquée par l’organisme) une quantité exogène (celle de l’animal) d’IGF-1, car cette hormone n’est détruite ni par traitement thermique, ni par pasteurisation, ni par traitement UHT. La présence de cette hormone constitue un problème dans la mesure où elle stimule aussi la croissance des cellules cancéreuses. Nous avons tous des foyers cancéreux dans l’organisme. La plupart sont détruits sous l’action de notre système de défense, mais si on nourrit ces cellules avec un excès de ce facteur de croissance, il y a un risque qu’elles dépassent la capacité de réaction de l’organisme et finissent par grossir et se propager. Des études ont d’ailleurs établi un lien entre les régimes alimentaires riches en protéines animales – dont la caséine (protéine du lait) – et le développement de maladies coronariennes et de cancers.

Une raison de plus pour chouchouter votre ami à quatre pattes : il augmente l’espérance de vie, selon une très sérieuse étude suédoise, publiée dans Scientific Reports. L'expérience a été menée pendant 12 ans sur plus de 3,4 millions d’adultes. Les chercheurs ont découvert que les propriétaires de chien ont trois fois moins de risque de mourir prématurément toutes causes confondues que les autres, notamment de maladies cardiaques. Mais une autre explication est plus étonnante : les propriétaires de chien ont un meilleur microbiote ! Un chien véhicule des bactéries, dont certaines boostent le système immunitaire. Les chercheurs ont estimé qu’un chien à la maison dope les populations de 56 espèces bénéfiques différentes. Mieux que le chat (24) ! Enfin, avoir un chien minimise l’exposition au stress, surtout chez les personnes seules, en réduisant les niveaux de l’hormone du stress, le cortisol, et en augmentant celui de l’ocytocine, l’hormone du bien-être.

Tove Fall et al., Dog ownership and the risk of cardiovascular disease and death – a nationwide cohort study. Scientific Repo

On a longtemps pensé que les cellules du cerveau, contrairement à celles des autres organes, ne pouvaient pas se régénérer. Mais des chercheurs ont récemment découvert qu’il existait des cellules souches capables de se transformer en n’importe quel type de cellule… De quoi s’imaginer pouvoir produire un jour de nouveaux neurones à volonté pour « rajeunir » le cerveau et traiter les maladies dégénératives type Parkinson, Huntington ou Alzheimer !Résultat de recherche d'images pour "cerveau jeune neuroplasticité"

Nous en sommes évidemment très loin. Mais certains chercheurs tentent actuellement d’obtenir, à partir de cellules souches prélevées sur des embryons, de nouveaux neurones qui pourraient être implantés au niveau des zones cérébrales malades. Autre essai concret : des cellules souches saines ont été prélevées dans le cerveau de patients parkinsoniens, puis mises en culture. Elles se sont multipliées et différenciées en neurones ; certaines d’entre elles ont sécrété de la dopamine, une hormone dont le déficit est précisé- ment à l’origine du syndrome de Parkinson. Ces cellules ont alors été injectées dans le cerveau des patients, avec des résultats encourageants.

Pour en savoir plus : Norman Doidge, Guérir grâce à la neuroplasticité, Belfond 2016

Dans son dernier livre Ostéoporose, Mythe ou réalité ?, le Dr Jean-Pierre Poinsignon, rhumatologue à Grenoble, nous alerte sur le sur-diagnostic de l’ostéoporose. D'après lui, de nombreuses femmes consommeraient un médicament… pour rien.

L’ostéoporose serait-elle une maladie plus rare qu’on ne veut nous le faire croire ?

Dr. J.-P. P. : Il y a quelques dizaines d’années, on parlait de « fracture ostéoporotique » uniquement devant un constat de fracture. Aujourd’hui, le terme d’ostéoporose est passé du statut de maladie à une notion de risque fracturaire. Les médecins ont appris à reconnaître une maladie osseuse mais on leur a fait confondre ce risque potentiel avec une pathologie inventée par un appareil : le densitomètre.

Ce test pratiqué chez les femmes après 50 ans n’est donc pas fiable ? Que mesure-t-il exactement ?

Dr. J.-P. P. : Le densitomètre donne un très mauvais reflet de la solidité osseuse. La machine fait l’amalgame entre fragilité osseuse et quantité de calcium présent dans la portion osseuse examinée. Or, l’os humain n’est pas un vulgaire morceau de craie. Pour évaluer la solidité osseuse, il faudrait prendre en compte d’autres paramètres, comme la structure collagénique qui joue un rôle élastique, la microarchitecture de l’os ou la biotenségrité* fascia-musculo- squelettique de l’appareil locomoteur. Une présence trop élevée de calcium sur l’os ne fait que le rendre plus dur et donc plus fragile. Cette machine sert donc à fabriquer des « malades », alors qu’elle avait été conçue au départ comme un instrument épidémiologique de simples mesures en vue d’études des populations.

Que pensez-vous des bisphosphonates, ces traitements couramment donnés aux femmes ?

Dr. J.-P. P. : Les bisphosphonates sont des chélateurs calciques qui ont été d’abord étudiés pour éviter que le calcaire des lessives ne se redépose sur le linge. Non seulement ils sont bien incapables de lutter contre la tendance ostéoporotique du tissu osseux, mais au bout de cinq ans de « traitement », il existe des risques de fractures atypiques du fémur et de nécrose de l’os de la mâchoire. C’est même marqué sur la notice… en tout petit. Le comble, c’est que les femmes sont illusionnées par le pseudo traitement médicamenteux, en plus d’être paralysées par l’imminence des fractures. Au lieu de faire de l’exercice, ce qui est recommandé, elles se mettent à s’économiser et augmentent leur consommation de produits laitiers, ce qui est une grave erreur car cela acidifie ainsi leur milieu intérieur et augmente leur fragilité osseuse.

* Concept qui prend en compte les tissus alentours de l’os tels que les tendons, fascias et muscles qui maintiennent la structure de l’ensemble de l’appareil locomoteur par des phénomènes de tension et de compression.

Article extrait de Plantes et bien-être (juin 2017)