La camomille est considérée comme la reine des infusions, ce qui lui vaut souvent le doux surnom de « boisson de mamie ». Cette réputation moqueuse ne l’empêche pas de rester l'une des tisanes les plus bues au monde, mais il faut bien avouer que ses amateurs passent rarement pour des rois de la nuit ! Au sein de la famille des astéracées, la camomille est surtout connue pour ses propriétés calmantes et sédatives. Elle permet de dormir comme un bébé et elle est également anti-inflammatoire en usage interne comme en application externe. Son qualificatif de « matricaire20 » – du latin matrix – vient de son influence bienfaisante sur l'appareil reproducteur féminin. On parle de ses propriétés emménagogues et analgésiques : elle facilite la venue des menstruations et diminue les douleurs du syndrome prémenstruel. Elle fait aujourd’hui partie intégrante de la pharmacopée de 26 pays où elle entre dans la composition d’une multitude de préparations populaires. En Allemagne, on utilise ses capitules floraux en médecine pédiatrique pour traiter l'érythème fessier et les croûtes de lait des nourrissons. Ils contiennent 0,5 à 1,5 % d’huile essentielle bleue, dont la coloration est due à la présence de chamazulène, un composé anti-inflammatoire et cicatrisant. Ses flavonoïdes ont des effets calmants et antispasmodiques, efficaces contre les gastrites et les débuts d’ulcères. Son huile essentielle est également anti-candida albicans et antimicrobienne, principalement contre les bactéries gram+21.

Cet article est extrait du magazine Plantes & Bien-être n°35

 

La rhodiola est une plante adaptogène provenant principalement des régions froides. Utilisée par les vikings, elle est tombée dans l'oubli jusqu'à ce que les soviétiques la redécouvrent. En effet, désirant augmenter les performances des athlètes et des soldats, les soviétiques ont effectué plus de 180 études durant les années 70. Ces expériences ont été faites sur plusieurs plantes et c'est la rhodiola qui a obtenu les résultats les plus spectaculaires. Depuis, de nombreuses publications vantent les mérites de cette plante dont elle fait toujours l'objet d'études. On vous propose donc de découvrir 5 raisons pour lesquelles la rhodiola est un must!

1. Meilleure réponse au stress Une étude a montré que la rhodiola a un effet anti-stress sur l'axe hypothalamo-hypophysaire, axe qui contrôle les glandes et différentes hormones (1).

2. Amélioration de l’humeur Une étude de 2016 souligne les possibles effets de la rhodiola sur l'humeur en se basant sur les résultats cliniques de plusieurs études dont une avec un échantillon de 146 personnes ayant un trouble dépressif majeur (2).

3. Meilleure réponse du système immunitaire Le système immunitaire se doit de défendre le corps contre tout un tas d'hôtes différents tels que les virus, bactéries, parasites (sans mentionner les cellules cancéreuses). Les cellules T orchestrent la réponse du système immunitaire via la production de cytokines qui sont des protéines chargées d'instruire les cellules à agir de de manières spécifiques et ces cellules peuvent être classifiées en tant que T helper (Th) ou bien en tant que T cytotoxiques, les Th se décomposant en Th1 et Th2. Les cellules Th1 ont tendance à générer une réponse à l'encontre des virus, bactéries et parasites intra-cellulaires, tandis que les cellules Th2 produisent principalement une réponse à l'encontre des pathogènes extra-cellulaires. Souvent lorsque la production est stimulée d'un côté (Th1 ou Th2), de l'autre elle s'en trouve inhibée. D'ailleurs dans de nombreuses pathologies, on pense que la balance penche plus d'un côté que d'un autre (Th2 stimulée plus que Th1 dans la maladie de Lyme par exemple). Une étude de 2016 a justement mis en évidence que les Th1 étaient significativement plus élevées après un traitement quotidien à base de rhodiola et cela sans affecter les Th2, et permettrait donc d'améliorer la réponse immunitaire (3).

4. Antiviral La supplémentation en rhodiola a le potentiel de protéger des athlètes en réduisant la réplication virale (4).

5. Antioxydant Le NFE2L2 est une protéine nécessaire à la régulation des gènes relatifs au stress oxydatif et la salidroside qui est un des composés actifs de la rhodiola, permet justement d'améliorer l'activation de cette protéine régulatrice (5). Disponible un peu de partout et surtout chez votre pharmacien :-)!

Références: (1) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed... (2) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed... (3) https://www.thieme-connect.com/prod... (4) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/ar... (5) https://www.thieme-connect.com/prod...5 bonnes raisons pour prendre de la rhodiola

Le matcha est un thé vert japonais unique en son genre. Son nom, aussi gourmand qu'exotique, signifie « thé finement broyé ». Contrairement à tous les autres thés du monde, ce ne sont pas des feuilles que l'on infuse, mais une poudre qu'on émulsionne au contact de l'eau chaude. Sa préparation très spécifique fait tout le charme de cette boisson traditionnelle encore confidentielle, dont la saveur n'a d'égale que ses vertus. Thé en poudre sans infusion, il se boit, se mange et s'utilise même en soin de beauté. Avec sa robe couleur pistache, sa texture farineuse et son goût d'herbe fraîche, le matcha est, à lui tout seul, une invitation à oublier tout ce que vous pensiez savoir sur le thé vert... Alors qu'un café entièrement dédié au matcha a ouvert ses portes cette année à Paris, zoom sur les secrets d'une authentique bombe nutritionnelle.

Un capital antioxydant boosté par l’ombre

Le matcha provient d'une variété de théiers nommée tencha. Elle donne ce qu'on appelle un « thé d'ombre », car on protège les arbustes de la lumière du soleil en les couvrant avec une tonnelle, durant un mois avant la récolte. Le dispositif vise à ralentir la croissance de la plante, qui va alors puiser dans le sol tous les oligo-éléments dont elle a besoin. Pour réaliser sa photosynthèse, elle devra aussi surproduire de la chlorophylle, dopant considérablement ses pousses en énergie. Les feuilles sont ensuite cueillies et torréfiées à la vapeur d'eau afin de stopper leur oxydation naturelle et booster leur capital antioxydant. Après un temps de séchage et un tri pour écarter tiges et bourgeons, les feuilles passent au meulage à la pierre de granite, une étape cruciale sans laquelle le matcha n'existe pas. Le processus, inchangé depuis un millier d'années, consiste à réduire les feuilles en une poudre fine. Aujourd'hui automatisé, le broyage ne se fait plus à la main, mais il n'en reste pas moins long puisqu'il faut environ une heure pour moudre 30 grammes. Ce travail minutieux permet de libérer certaines molécules contenues dans la feuille et assure, outre son aspect poudré singulier, son potentiel médicinal rare.

Un bouclier contre les radicaux libres

Le matcha offre des propriétés santé puissantes, car on absorbe l'intégralité de ses feuilles, non leur simple infusion. Importé de Chine vers 1200, en même temps que le bouddhisme zen, il était utilisé par les moines pour rester éveillés au cours de leurs longues méditations. Riche en caféine, le matcha est souvent comparé à « un expresso santé ». D'ailleurs, doit-on parler de caféine ou de théine ? En réalité, il n'y a aucune différence entre les deux. La graine du caféier et la feuille du théier fabriquent le même alcaloïde, une molécule qui stimule le système nerveux. Mais son action est différente dans chacune des boissons. Dans un café, elle est biodisponible et passe rapidement dans le sang. Dans un thé, elle est captée par les polyphénols et libérée progressivement. Voilà pourquoi on dit que le thé stimule sans énerver. Dans le cas du matcha, c'est la L-théanine, un acide aminé, qui joue le rôle d’anti-stress. Grand nettoyeur du foie qu'il détoxine, le matcha constitue une source de protéines, de calcium, de potassium, de bêta-carotène, de vitamine A et surtout de fer. Mais là où il bat des records, c'est dans sa teneur en polyphénols, 137 fois supérieure à celle de n'importe quel autre thé vert. Parmi eux, l'épigallocatéchine gallate, ou EGCG, une catéchine agissant comme un bouclier contre les radicaux libres, responsables du vieillissement cellulaire. Les molécules EGCG auraient même la capacité de neutraliser le développement des cellules malades dans les cas de cancers ou de maladies neurodégénératives, notamment en provoquant un stress oxydatif au sein de la cellule atteinte, poussée alors à s’autodétruire. Pour les experts néanmoins, il ne faut pas voir le matcha comme meilleur, mais complémentaire aux autres thés verts. On recommande en effet d'en consommer deux à quatre fois par semaine, en alternant avec d'autres variétés.

Une cérémonie du thé bien codifiée

On les nomme usucha et koicha. Le premier est un matcha liquide et peut être savouré tous les jours. L'autre, plus crémeux, de la consistance d'un miel liquide, est réservé à la cérémonie du thé japonaise. Dans un cas comme dans l'autre, préparer le matcha relève du théâtre ultra codifié où chaque accessoire a sa place. On emploie ainsi la cuillère-doseuse appelée chasaku pour prélever la dose de poudre, que l'on verse dans le chawan, le bol en terre cuite. Il est conseillé à ce stade d'utiliser un tamis pour s'assurer d'une poudre la plus fine possible. On y verse l'eau chaude (oubliez l'eau du robinet : de préférence faiblement minéralisée, elle ne devra pas excéder 90 degrés), puis c'est au chasen d'entrer en scène, un petit fouet en bambou qui ressemble à un blaireau de barbier, dont on aura préalablement ramolli les fibres en le laissant tremper dans un bol d'eau tiède. Sans doute le moment préféré des amateurs de matcha – avec la dégustation – tant sa maîtrise est centrale, l'utilisation du chasen demande de l'entraînement. L'extrémité du fouet bien à plat au fond du bol, on agite rapidement le mélange en formant des W jusqu'à produire une légère mousse en surface. Le matcha est un thé vert moelleux, mais puissant en bouche. Pour compenser son amertume naturelle, il est traditionnellement servi accompagné d'une petite pâtisserie. Plus qu'une expérience sensorielle chaudement recommandée à tous ceux qui visitent le Japon, le rituel vise ici l'équilibre parfait, la recherche de l'harmonie et la tranquillité de l'esprit. La cérémonie recommande par ailleurs de boire son bol en trois fois, sans ajout de sucre ni de lait.

Un label bio peu fréquent

Du point de vue gustatif, il existe de très grands écarts de qualité dont notre palais occidental n'est pas toujours averti. Pour déguster ou se procurer un matcha de qualité, les boutiques spécialisées et les maisons de thé restent la meilleure option. Le matcha haut de gamme est un met raffiné, aux notes de noisette et d'un beau vert électrique. Les produits moins bons ont des couleurs plus sombres tirant vers les jaunes ; ils sont plus amers également. Côté santé, peu de chances de vous tromper puisque, à moins d'opter pour une poudre franchement brunâtre, tous offriront des propriétés similaires. La clé est de choisir une appellation tencha-matcha, ou éventuellement gyokuro-matcha. Au Japon, le label JAS (Japanese Agriculture Standard) réglemente les produits issus de l'agriculture biologique, et c'est Ecocert qui en assure la certification pour l'Union européenne. Il existe cependant peu de producteurs ayant opté pour cette labellisation et l'on observe que la plupart des grands matchas de cérémonie ne sont pas bio. Ils proviennent en effet le plus souvent de petits producteurs qui n'ont pas les moyens d'être labellisés mais qui peuvent néanmoins pratiquer une agriculture raisonnée. Le label bio ne leur est pas indispensable, puisqu'ils détiennent un marché bien à eux. Reste qu'au Japon le climat humide incite à utiliser beaucoup de pesticides. Et ces pratiques n'épargnent pas les fabricants de thé matcha, y compris haut de gamme. Privilégier un thé matcha bio est donc un bon réflexe afin d'éviter la présence éventuelle de contaminants. Mais se limiter à du matcha bio peut aussi signifier se priver des plus grands de ces thés. Sacrilège ! La meilleure solution reste encore de se renseigner auprès des revendeurs sur les modes de culture pratiqués, ce qui peut les inciter eux-mêmes à se questionner et à remonter à la source de leur approvisionnement. Quant à la question de la contamination radioactive, depuis l'incident de Fukushima, les thés provenant de la région la plus proche du sinistre doivent être analysés avant de pouvoir être exportés vers la France et l'Europe. Peu vendu à l'international, le Japon n'exportant que 4 % de ses cultures, le matcha est très coûteux à la production, ce qui en fait un thé rare et explique son prix, autour de 30 euros les 30 grammes, voire beaucoup plus pour des millésimes d'exception.

Du thé matcha en cuisine 

C'est par les cuisines que le thé matcha est entré dans le cœur du grand public occidental. D'abord discrètement, sur les tables des grands restaurants des années 1990, quand la crème des toques tricolores est partie rencontrer les meilleurs chefs nippons, ouvrant à l'époque la voie à une fusion food qui continue d'évoluer. Depuis, le matcha « à manger » se décline à l'envi : tartes, financiers, macarons, smoothies, yaourts, crèmes glacées ; des blogs entiers de cuisiniers amateurs lui sont consacrés. Son amertume et son arôme très végétal se marient parfaitement aux notes sucrées du chocolat blanc, des amandes ou des fruits rouges. Colorant naturel, son vert éclatant donne du peps aux préparations et permet de jouer sur l'effet de surprise quand vos convives s'attendront à un parfum mentholé. Porté par la tendance des jus verts outre-Atlantique, le matcha a imposé sa version frappée ou latte aux comptoirs des grandes chaînes de cafés américains, dans des barres diététiques et même dans des cocktails à base de vodka ou de whisky. En version salée, ça marche aussi : tuiles matcha et parmesan, dans un cake froid à la courgette ou juste saupoudré sur des avocats... En sauce, sa saveur iodée dite « umami », typique des thés verts japonais, accompagne à merveille les poissons. On trouve dans le commerce du matcha spécial cuisine, qui n'a pas tout à fait la même qualité que celui destiné à être bu, plus grossier, moins finement moulu. Ses valeurs nutritionnelles et antioxydantes restent intéressantes, bien qu'il ne soit pas conseillé d'en boire tel quel au quotidien. Et pour qu'il conserve tous ses atouts, notons qu'il ne supportera pas d'être chauffé à une température trop élevée.

Une poudre bonne pour la peau

Si le matcha se retrouve dans de si nombreuses recettes, c'est parce qu'il est en poudre, autrement dit facile à mélanger. Pas étonnant donc qu'il trouve aussi sa place en cosmétique. Ses propriétés antioxydantes aident à prévenir le vieillissement prématuré des tissus et la formation des rides. Incorporé à une base d'eau et d'argile, il fait un masque anti-âge efficace et réhydratera idéalement les peaux stressées. Anti-inflammatoire, il protège de l'action des UV tout en renforçant la barrière lipidique de l'épiderme. Les tanins du thé, particulièrement astringents (qu'on trouve aussi dans le vin rouge et la grenade), en font également un bon régulateur des peaux grasses. Enfin grâce à sa teneur en caféine, il entre dans la composition de gels brûleurs de graisse, amincissants et tonifiants. De bonnes raisons de l'essayer !

Par Lucile de la Reberdiere - Plantes et santé.fr